Les collections

Deux façons
de regarder de côté.

Des livres qui préfèrent les marges aux cases toutes faites, l’ironie au commentaire attendu, et le pas de côté aux certitudes bien rangées.

Collection 01

Angles morts

Ce qui échappe au regard frontal. Les vies qui ne cochent pas toutes les cases, les époques vues depuis leurs bords, les histoires personnelles traversées par le bruit du monde.

3 titres · Rentrée 2026

Couverture de Mille. Neuf. Cent. Soixante. Dix. Sept.

DELAMANCHA

Mille. Neuf. Cent.
Soixante. Dix. Sept.

L’année où notre (petit) monde a changé de bande-son.

Une année-charnière racontée comme un disque : quatre faces, des copains, des routes, Londres, Caen, des chansons et le bruit du monde qui entre dans la vie.

Rentrée · Septembre 2026

Lire un extrait significatif +

Avant les badges, les épingles, les disques anglais, les trains, les ferries, les cafés, les copains et les filles, il y a une maison. Une petite maison en brique. Une date sur un pignon. 1859.

Il y a la chaleur de l’été 1976, la cour écrasée de soleil, les grands noyers qui ne donnent pas assez d’ombre, Pépé, Mémé, la rue Saint-Druon, Cambrai. Il y a aussi une machine à écrire. Une Underwood. Et une lettre. La lettre à Ariane. Écrite, réécrite, recommencée, jamais envoyée.

L’enfance finit parfois comme cela : non pas dans un événement spectaculaire, mais dans une phrase qu’on n’ose pas poster. Puis les premiers signaux arrivent. Patti Smith. New York. Les journaux rock. Des noms inconnus. Des pochettes. Des photographies. Une pochette rouge. Mont-de-Marsan sans y être.

Quelque chose commence à bouger. Pas encore la vie. Pas encore le monde. Mais déjà le bruit du monde.

Avant les Clash. Avant Londres. Avant même de comprendre ce qui allait arriver, il y eut Patti Smith. Gloria. La chanson s’ouvrait comme une invocation, quelque chose de religieux et de sale à la fois, de littéraire et d’électrique. Patti Smith ne chantait pas seulement. Elle appelait. New York entrait par là. Pas la ville réelle. Pas encore. Une ville imprimée, faite de pochettes, de photographies, de regards fixes et de textes qu’on lisait comme des promesses.

Je ne savais pas encore ce que le mot punk voudrait dire. Je savais seulement qu’il existait quelque part une manière de mêler les mots, les corps, la musique et la nuit. Patti Smith ouvrait la porte. Derrière, le bruit commençait.

Couverture de Inclassé

DELAMANCHA

Inclassé

Plusieurs noms. Une seule vie.

Un roman sur ce qui arrive lorsque les trajectoires, les appartenances et les identités finissent par déborder les cases prévues pour elles.

Septembre 2026

Lire un extrait — Plusieurs noms, une seule vie +

Dans la bouche de certains Chinois de France, Marie devenait Mahie. Ce n’était pas sa mère qui l’appelait ainsi. Mahie était né ici, dans cet espace étrange où des Chinois parlaient français entre eux et où le r français se perdait en chemin. Marie passait par une bouche chinoise et revenait plus douce : Mahie. Ce n’était ni la Chine d’origine, ni la France officielle. C’était l’entre-deux qui avait trouvé un son.

— En Irlande, dit-elle, j’étais Annie.

Elle le dit comme on ouvre un tiroir ancien. Annie n’était pas un mensonge. C’était un prénom de passage, pratique et disponible, assez rond pour entrer dans un hôtel, une banque, un planning, un appel téléphonique. Elle n’avait pas changé d’âme. Elle avait changé de poignée.

Les administrations aiment les noms fixes. Les vies, elles, voyagent avec plusieurs prénoms. Je lui demandai un jour lequel était le vrai. Elle me regarda comme on regarde quelqu’un qui vient de poser une question trop française.

— Pourquoi vrai ?

Elle compta sur ses doigts : Annie travaillait en Irlande. Marie vit ici. Mahie, c’est quand les Chinois de France parlent français. Mon prénom chinois, c’est mes parents. Puis elle ajouta :

— Tous sont vrais.

Couverture de De bonnes nouvelles

DELAMANCHA

De bonnes nouvelles

Des histoires brèves, des liens qui durent.

Des nouvelles sur les rencontres, les désirs, les départs et les traces qu’on garde. Une collection de vies saisies légèrement de biais.

Septembre 2026

Lire un extrait — Tu regardes trop fort +

À dix heures, la chaleur était déjà sur le port. Elle ne tombait pas du ciel. Elle montait des pierres noires, des coques bleues, des filets posés sur le quai, des murs blancs où le sel avait laissé des traces. Les hommes parlaient peu. Les mouettes criaient au-dessus des caisses. La mer était presque blanche.

David regardait vers le large. Sa chemise claire était déjà collée au dos. Il portait des lunettes noires, mais il les avait remontées sur son front, comme si elles l’empêchaient de mieux voir. Lucia sortit du bar avec deux cafés. Elle posa les tasses sous l’auvent rayé, puis regarda dans la même direction que lui.

— Tu vois Stromboli ? demanda-t-elle.
— Non.
— Là-bas.

Elle leva la main. Son bras nu passa devant la lumière.

— Je vois seulement la mer.
— Tu regardes trop fort.
— On peut regarder trop fort ?
— Oui. Les hommes font ça souvent.

Elle ne le regardait pas en disant cela. Elle regardait le large, de trois-quarts. Ses cheveux noirs étaient attachés sans soin. Quelques mèches s’échappaient sur sa nuque. Ses yeux souriaient avant sa bouche et, quand elle se taisait, on croyait encore qu’elle allait rire. David avait aimé cela tout de suite.

Au-delà des rochers, la mer tremblait dans la lumière. Les îles existaient peut-être. Ou bien elles étaient seulement une idée dans l’air chaud.

Collection 02

Cul Sec

Des textes courts, nerveux et impertinents. Faux traités, chroniques et petits dispositifs pour regarder le quotidien autrement — et rire là où ça gratte.

1 titre · Rentrée 2026

Couverture de La Meute, le Panier et la Prime annuelle

DELAMANCHA

La Meute, le Panier
et la Prime annuelle

Petit traité de psychologie canine appliquée à l’entreprise.

Angie observe les meutes, les rituels, les territoires et les jeux de pouvoir. Les humains de l’entreprise auraient parfois beaucoup à apprendre de ce regard à hauteur de Labrador.

Septembre 2026

Lire un extrait — « Merci de » +

Dans l’entreprise, il existe une formule redoutable. Elle tient en deux mots : merci de.

— Merci de me transmettre le document avant 17 heures. Merci de faire le nécessaire. Merci de revenir vers moi rapidement.

Dans ces phrases, personne ne remercie personne. On ordonne. Mais avec une politesse de façade, un sourire administratif et une élégance un peu sèche. « Merci de » est une laisse courte. La formule transforme une contrainte en gratitude anticipée. Elle remercie l’autre avant même qu’il ait obéi, ce qui rend son éventuel refus presque immoral.

Le chien n’a pas cette perversité syntaxique. Quand il veut sortir, il regarde la porte. Quand il veut manger, il regarde la gamelle. Quand il veut une caresse, il pose la tête sur un genou. Il ne dit pas : « Merci d’ouvrir la porte dans les meilleurs délais. »

Il dit : « La porte est fermée. Vous êtes présent. J’attends. »

C’est plus clair. Le chien, au moins, grogne ou remue la queue. L’humain écrit : bien cordialement.

Traduction canino-corporate : « Merci de faire le nécessaire » signifie souvent : rapporte la balle, trouve toi-même où elle est tombée, et ne demande pas pourquoi je l’ai lancée.

Rentrée 2026

Quatre livres.
Deux collections.

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